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Après la France et les Etats-Unis, le Japon lui fait un triomphe pour son interprétation d’Edith Piaf. Un souffle qui propulse la jeune Française aux portes de Hollywood.

En fanfare, Marion Cotillard s’apprête à partir pour Hollywood. Piaf l’y mène et « La Môme » l’y conduit. La comédienne la plus en vue et la plus en vogue, actuellement, du cinéma français, a mis, auparavant, un terme à la tournée mondiale qu’elle effectue depuis six mois avec le film – plus de 5 millions d’entrées en France – d’Olivier Dahan. Accompagnée par son metteur en scène, la jeune actrice de 31 ans vient de passer six jours au Japon, afin d’y préparer la sortie, fin septembre, du long-métrage racontant la vie de Piaf. Une conférence de presse et cinquante entretiens avec des journalistes ont constitué l’essentiel d’un séjour très studieux organisé au Park Hyatt de Tokyo (là où Sofia Coppola tourna « Lost in Translation »). Outre la guitare qui ne la quitte pas, Marion avait emmené, en exclusivité, nos envoyés spéciaux. Invitant à dîner dans sa suite, s’endormant fatiguée, roulée en boule sur son canapé, chantant dans les couloirs de l’hôtel, avalant en vitesse des sushis qu’elle aidait parfois le cuisinier à préparer, emportée par la foule de dizaines de fans dans les rues, elle a raconté vouloir prendre maintenant congé d’un personnage qui l’habite encore. Ce sera difficile. D’abord, le D.v.d. du film est en tête des ventes. Ensuite, pour son interprétation du personnage de Piaf, Marion fait excellente figure dans la course aux nominations pour l’Oscar de la meilleure interprétation féminine. Elle a donc accepté de jouer le jeu et d’entrer officiellement en compétition à Hollywood. Marion ne voit plus désormais la vie en jaune et en rose, mais en arc-en-ciel. Cela, en cultivant désormais, pour de bon et pour de vrai, son jardin.
Paris Match. Depuis plus de six mois qu’est sorti en salles votre film “La Môme”, qu’avez-vous donc fait de beau ?
Rien. Enfin, tout et rien. En effet, j’ai passé la quasi-totalité de mon temps, et je continue encore ici au Japon, à accompagner le film à l’étranger au fur et à mesure de ses sorties. Je ne cesse donc pas de voyager depuis six mois et je n’ai plus le temps de faire autre chose, à commencer par voir mes amis. Je me consacre encore, quasiment à longueur de journée, au film, et à Piaf. Avant de me préparer à les quitter.
Et cela vous plaît ?
Ne plus voir mes amis, non. Mais accompagner le film, ce film-là, oui, j’en suis très heureuse.
Et c’est au Japon que se clôt votre tournée ?
Oui. Le film, qui reçoit un accueil formidable, doit encore sortir en Amérique du Sud mais je n’irai pas. C’est la seconde fois que je viens au Japon, dans un contexte de travail. Et je n’ai toujours pas le temps d’explorer Tokyo.
Cela vous a-t-il perturbée de ne pas tourner à nouveau depuis maintenant plus d’un an ?
Je n’en avais nulle envie. J’avais besoin de repos et je souhaitais seulement et simplement prendre mon temps.
Vous avez pourtant dû recevoir plus d’un scénario à lire ?
Oui, j’en ai reçu beaucoup depuis “La Môme”. Très divers. Très différents. Tout comme après la sortie de “Taxi”, je n’avais pas reçu que des histoires de bimbo. Mais je ne savais pas ce que je voulais faire ensuite. Grâce à Piaf, dont le personnage m’a totalement habitée, j’ai découvert tellement d’émotions et traversé tellement de choses que j’en étais comme sonnée, et je le suis restée un moment, depuis de longs mois, ma vie tourne autour de Piaf et du film.
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