Réforme constitutionnelle
02/07/2008

Edouard Balladur et Claude Bartolone confrontent leur point de vue.
Pour son cinquantième anniversaire, Nicolas Sarkozy a décidé d’offrir une cure de jouvence à la Constitution française. Cadre protecteur, le texte est aussi le mode d’emploi du fonctionnement de notre vie politique. Si depuis sa proclamation par le Général de Gaulle (4 octobre 1958), la constitution a déjà connu des adaptations, la réforme soumise au Parlement est cette fois de plus grande envergure. Nicolas Sarkozy devait s’en satisfaire, lui qui, durant sa campagne électorale, avait prévenu : « Je défendrai la Vème République, tout en changeant la pratique, les comportements et les mentalités ».
Dès le 18 juillet 2007, un Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, rassemblant des personnalités qualifiées de toutes tendances politiques, de Jack Lang à Pierre Mazeaud, était convoqué. Il ne lui aura fallu qu'un peu plus de six mois, grâce à la présidence très active d'Edouard Balladur, pour formuler ses recommandations. Un an à peine après l'élection présidentielle, le grand chantier du quinquennat est pleinement ouvert, et l’on s’apprêtait, du côté de l’Elysée, à le comptabiliser à l’actif du Président. C’était aller un peu vite.
Le sujet est en effet devenu l’un des plus épineux du moment. Au point de faire bouger les lignes de partage et de modifier à nouveau des équilibres politiques déjà chamboulés par l’ouverture. Eternellement tiraillée entre tradition et modernité, la droite peine à s’accorder. La gauche, qui perd facilement ses valeurs au profit de la tactique immédiate, et dont l’appui sera nécessaire pour faire voter la réforme, souhaite en profiter pour reprendre la main et engranger au passage quelques outils nouveaux pour endiguer la déferlante présidentielle.