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Georges Fenech
04/06/2008

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De mauvais esprits prétendent que l’école de la magistrature de Bordeaux formate tous les magistrats sur le même moule.
Georges Fenech est la preuve vivante du contraire. Il a toujours défendu les causes qui lui tenaient à cœur avec passion, une passion l’a parfois entraîné au-delà du miroir, là où les jalousies et les règlements s’exacerbent. Une chose est sûre, Georges Fenech a une personnalité qui ne laisse pas indifférent. Il est né le 26 octobre 1954 à Sousse en Tunisie où son père était oléiculteur. Quand la famille quitte la Tunisie et rentre en France, elle s’installe à Givors où ses parents reprennent un petit café fréquenté par la jeunesse locale qui vient écouter sur le juke-box les gloires naissantes. Entre comptoir et arrière-salle, les Beatles, Richard Antony, Franck Alamo, n’empêcheront pas le jeune Georges de sortir avec brio de l’Ecole de la magistrature bien que dit-il : Je ne suis entré à l’école de la magistrature Bordeaux que parce que j’avais échoué à l’école de journalisme.

Nommé en 1980 comme substitut à Vienne (38) il y commence une carrière où il croisera souvent « l’événement » quand il n’en sera pas lui-même à l’origine. Ainsi, quand il rejoindra le parquet de Lyon, il sera le seul magistrat à poursuivre les émetteurs des radios FM. François Mitterrand, en libéralisant les ondes, avait oublié d’en abroger les lois qui les interdisaient. Le pouvoir faisait connaissance avec un trublion dont il entendrait encore parler. Nommé par la suite substitut en Guadeloupe, il s’attaque aux indépendantistes et aux sorciers. Deux institutions qui, sous les tropiques, ont de quoi donner des sueurs au gouvernement. En prime il décide d’appliquer les rigueurs de la loi aux mauvais payeurs de pensions alimentaires et commence par le maire de Pointe-À-Pitre qu’il embastille. L’information se répand et les ex-épouses délaissées ne tardent pas à rejoindre par charters entiers la Guadeloupe pour porter plainte auprès du justicier. La chancellerie arrête in extremis cette révolution contagieuse en nommant le magistrat à un poste à sa mesure : premier juge d’instruction à Lyon. Le territoire est à sa mesure. Son bureau, où les dossiers « lourds » se succèdent à l’instar de celui de l’assassinat de juge Renaud pour lequel il prononce un non-lieu, sera encore assiégé par la presse. Nommé par la suite juge d’instruction à Paris, il fait aussi son entrée en politique en devenant le conseiller du Ministre de la justice Jacques Toubon.

Le virus de la politique fait son oeuvre.

En 1996, il crée et prend la présidence de l’Association professionnelle des magistrats (APM), un syndicat classé à droite. Il en démissionne peu après et le dissout après la publication dans la revue de l’association d’un article raciste dont il dit n’avoir d’ailleurs pas eu connaissance avant sa publication. En juillet 2001, alors que la gauche est au pouvoir, la Justice, alors dirigée par Elisabeth Guigou, le met en cause dans la fameuse affaire Falcone. On lui reproche en effet d’avoir accepté en 1997 le versement de 15 200 € sous forme d’abonnements à la revue de l’APM de la part de la société Brenco International dirigée par Pierre Falcone. Georges Fenech en sort malmené et blanchit mais fort d’une expérience vécue des chausse-trappes politiques. Le virus de l’engagement ne le lâchera plus. En 2002, il se met en congé de la magistrature, se présente aux élections législatives et soustrait aux communistes un fief qu’ils tenaient depuis des décennies, la 11e circonscription du Rhône. Il sera réélu sur cette terre ouvrière en 2007.

L'homme des commissions délicates

A l’Assemblée, son passé de magistrat l’emmène à la Commission des lois et à la présidence de la Commission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Une double casquette qui, alliée à son expérience de terrain sur les dérives du témoignage, le place en première ligne au sein de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau. Georges Fennec s’inscrit aujourd’hui dans la ligne « sarkoziste » des députés qui prônent une justice plus tranchante et plus efficace. A ce titre il est l’auteur d’un amendement de loi qui étend la rétention au-delà des peines prononcées à des condamnés âgés d’au moins quinze ans, quand ils sont les auteurs de viols, d’actes de barbarisme, ou de meurtres.
Le député du Rhône s’est investi pour débarrasser Givors des communistes à la mairie. Pari, malheureusement perdu. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il vient de se voir condamner à un an d’inéligibilité pour avoir remboursé en liquide l’achat de quelques bouteilles de soda lors de l’une de ses réunions. Une interprétation excessive de l’abus de bien social que l’ancien juge il appréciera sa juste valeur. Georges Fenech expérimente à ses dépens toute la cruauté, voire la violence, du politique.
(crédit photo, MaxPPP)








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