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Génération Tektonik : la vie couleur fluo
14/06/2008
Vague musicale venue de la rue, la Tecktonik déferle sur la France et emporte avec elle une envie de fun, d'éclat, de déjante et de speed. Elle donne le ton à une nouvelle mode vestimentaire qui éradique les idées noires pour verser dans un monde aux couleurs optimistes.
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Quand Xavier Clergerie, créateur du salon des modes urbaines « Who's Next », voit son fils Paul (12 ans) passer son temps à écouter de la Tecktonik et regarder des vidéos home made sur U Tube et Daily Motion, il réalise qu'il est face à un nouveau phénomène de société. Il découvre les chorégraphies de Spoke, Jey Jey, Lili Azian, Karmapa, puis l'univers musical de Yello, Yelle (qui remixe le morceau « A cause des garçons ») ou Massaya... Si la musique n'est pas franchement originale (c'est de la techno), il est intrigué par la chorégraphie hyper speed. Pendant l'été 2007, il contacte Spoke et lui demande de danser en live, sur le salon de septembre, à l'occasion du défilé, pour présenter la mode printemps-été 2008. Cette performance est un succès et la vidéo sera téléchargée plus de 40 000 fois par les internautes. En réalité, la ferveur Tecktonik a commencé en l'an 2000 au Métropolis - boîte de nuit située à Rungis et fréquentée par les jeunes de banlieue - sous la houlette des soirées « Tecktonik Killer » organisées par Cyril Blanc et Alexandre Bazoudin, aujourd'hui dépositaire de la marque Tecktonik. Pour info, Spoke est aujourd'hui créateur d'un mouvement dissident, le Milky Way, du collectif SMBD. Après avoir boosté le monde de nuit et de la musique, la Tecktonik est en passe de révolutionner la planète mode.
 
 
 
Tecktonik ou l'héritage culturel de Leigh Bowery
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Cependant, pas question pour des créateurs aussi pointus que Bernhard Whillelm, Henrik Vibskow, Walter Von Bereindock, Jeremy Scott, Gareth Pugh (pour la femme) ou Andrea Crews, qui sont les fers de lance d'un renouveau fashion tonique, fun et coloré, d'être assimilés, et surtout cantonnés, à la Tektonik. Idem pour les musiciens des groupes Justice, The Kills ou Daft Punk. Pour eux, la Tecktonik est la partie émergée d'une lame de fond culturelle. Pour ne pas parler de la récupération médiatique et commerciale d'une culture qui trouve sa source chez Andy Warhol et, plus précisément, à la fin des années 80, au Taboo Club, à Londres, sur Leceister Square. Le fondateur de cette boîte branchée, Leigh Bowery, est un artiste australien avant-gardiste. « Faire son portrait, c'est revisiter les 10 ans pendant lesquels l'art a pensé se ressourcer dans la fête et la jouissance de l'instant, écrit Charles Atlas à l'occasion d'un documentaire diffusé sur Arte retraçant son parcours. Leigh Bowery fait de sa vie un art et explore toutes ses possibilités créatrices à partir de lui-même : son matériau est son corps, ses outils des costumes et du maquillage. Ainsi, il apparaît en gâteau d'anniversaire à trois étages ou en boulet de canon humain ». A cette époque, les amis de Leigh Bowery s'appellent Vivienne Westwood, Boy Georges, John Galliano, DJ Keoni et Michael Alig, lui-même créateur des « Party Monster », au Lime Light de New York. Pour « devenir célèbre et vivre le rêve américain », Michael Alig réunit une bande de Club Kids complètements délirants, qui n'ont aucun sens des limites. « Tout est question d'expression personnelle, confessait l'un d'entre eux à l'époque. Si vous vous sentez l'humeur d'une otarie, alors autant vous habiller en otarie ! » Michael Alig finira en prison pour avoir découpé son dealer en morceaux, l'avoir mis en boîte et jeté à la rivière. Leigh Bowery mourra du sida en 1994. Au-delà de l'extravagance, du délire et des excès inhérents à n'importe quel processus créatif, Leigh Bowery a construit une esthétique moderne dont l'héritage fait aujourd'hui référence.
 
 
 
Fluo Kids : La version light des Clubs Kids
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Pharrel (23 ans) et Redhotcar (19 ans) sont deux amis orléanais. En 2005 ils créent le blog « fluo kids », mêlant journal intime, photos de nymphettes hyper lookées et téléchargement (légal) du meilleur son électro. Le tout emballé dans une esthétique pop.« Après de longues années sous Lexomil, la jeunesse française croit à nouveau aux vertus de l'hédonisme. Dans ce monde peinturluré en rose et jaune, il n'est qu'un seul mot d'ordre: le fun », remarque le journaliste Arnaud Liévin sur le site www.rue89.com. Le buzz est énorme : leur blog s'impose immédiatement comme un véritable laboratoire de la musique électronique. Séduits par la « Fluo Touch », les sponsors affluent. Nike leur file des fringues, Motorola est un partenaire régulier. Le succès des kids de la génération Internet témoigne d'une effervescence qui vient des nights d'Ibiza, d'Europe du nord, de Berlin et de l'east side londonien, du côté d'Hoxton et de Shoreditch. Dans cet ancien quartier abandonné, des galeries d'art (White Cube), des magazines pointus (Dazed&Confused), des soirées (Boom Box), des graphistes, des architectes et des créateurs de vêtements ont élu domicile, générant un mouvement artistique qualifié « nu rave ». C'est là que Nic Jones, créateur du salon professionnel « Rendez-Vous », a fait ses armes avant de débarquer à Paris et d'imaginer, en réaction à l'ex-Dôme, le salon Rendez-Vous. « Nous sommes ici pour dévoiler l'univers de marques à forte identité, explique-t-il.On a commencé par ôter les cloisons pour que les exposants puissent communiquer entre eux, on a ajouté des installations/expositions (Henry Roy), développé des partenariats avec des médias (Dazed & Confused, ID, Baby, Crash...)... On veut que ce Rendez-Vous soit une expérience agréable. Un espace qui s'adresse aux jeunes pour casser l'image « supermarché » des salons ». De fait, le salon Rendez-Vous véhicule une culture qui est à notre époque ce que le rock était aux années 60, la musique psychédélique aux années 70, le disco aux années 80, le rap et la techno à la fin du siècle dernier.
 
 
 
Génération Mondotek : lookée pour speeder
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Couleurs flashy ou fluorescentes, damiers, rayures, pois ou motifs dessinés par des grapheurs, pantalons slim, tee shirts avec motifs drôles, happy (c'est le grand retour du Smiley) psychédélique, cyber... sweat shirts à capuches, baskets... la panoplie de base est largement réinterprétée par les créateurs qui laissent libre cours à leur imagination et à leur fantaisie. Après les précurseurs cités plus haut, Mundi, Romain Kremer, Material Boy, Merci Beaucoup, Mint Design ou encore Martin Lamothe, sont les nouveaux signataires de cette mode énergique. Et, en plus commercial, les vêtements Deeluxe, Cheap Monday, les chaussures Schmoove, les accessoires Picky-Poo ou les casquettes Eroik... Exit les idées noires de la rock'n roll touch et place à l'humour, aux toys, aux gadgets (le magasin Colette en est empli), aux dessins et à la couleur. Oublié le machisme du hip hop et ses codes sexistes trop étroits (mecs virils et p... de luxe) et vive une génération unisexe dont les garçons se préparent pour sortir le soir, s'habillent en rose, jaune, orange, se collent des étoiles sur la joue et sculptent leur chevelure au gel fixant. La Tecktonik, déclinaison de la Nu Rave, ou encore New Wave, fait place à une génération pleine de bonnes intentions. Elle est dopée à l'energik drink, à l'humour, à la dérision, aux « good vibes » et est addict des outils hi-tech que le monde moderne met à sa disposition : Blackberry, I Phone, I Pod, I Book... Elle peut grimper à 3000 mètres d'altitude et être équipée pour se connecter au monde extérieur via la carte 3 G+. Elle entretient sa forme et son moral à coups de speed car « ne pas avancer, c'est reculer ». Elle fait du sport sur Power Plate ou Silver Plate, des plateformes vibrantes qui sculptent le corps, brûlent les graisses, activent la circulation sanguine, améliorent la souplesse et ralentissent les effets de l'âge en moins de 10 séances de 30 minutes. Power Plate, c'est l'efficacité du sport version speed, sans douleur et sans sueur. De fait, cette génération se défoule sur les dance-floors à coups de battle Tecktonik. Ouf ! Rage is not dead. La rock'n roll attitude non plus. Elle trouve juste ici une expression plus moderne.


Par Florence Julienne de Sourdis










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