|
|
Articles
Essai BMW X5
19/05/2008
Persiste et signe
Le succès du X5 premier du nom, qui a été vendu à plus du double des estimations initiales, a incité BMW à soigner particulièrement la seconde mouture, et c’est donc un suv peaufiné dans ses moindres détails dont nous avons pris le volant.
Première impression en découvrant la voiture : l’évolution par rapport à la génération précédente est notable mais pas radicale. Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, le nouvel X5 se présente sans ambiguïté comme le fils de son père. Dehors les grandes lignes évoluent peu (pourquoi changer une équipe qui gagne ? ), l’avant est plus sculpté, l’arrière plus Bangelisé, évoquant plus le X3 que l’ancien X5, là on ne gagne pas au change... A l’intérieur, la planche de bord a la bonne idée d’intégrer l’écran central désormais incontournable sous une visière unique, et affiche un dessin très moderne. Sur la console, le sélecteur de la boîte de vitesses annonce une nouvelle génération, nous y reviendrons. Pour le reste de l’environnement, sièges et contre-portes, on reste sur les sommets, le nouveau modèle se distinguant de son aîné par la possibilité (en option) de disposer de 7 places. Le X5 n’a jamais prêté le flanc à la critique côté qualité de fabrication, et ne commencera pas avec cette version « 2 » : les matériaux sont nettement hauts de gamme, avec une profusion de plastique thermo-moussé et de panneaux façon alu. On ne regrette guère que les petites consoles de plastique dur pour les commandes de climatisation, les buses de ventilation et l’afficheur central : leur aspect pourrait être plus valorisant. A ce détail près, c’est un sans-faute. A côté de quoi le toit ouvrant panoramique, la finition cuir des contre-portes et la visibilité générale, sont source de satisfaction permanente. |
Un mot pour la console, au dessin très design, qui évoque plus une berline haut de gamme qu’un 4x4. Elle reçoit la commande de la boîte de vitesses automatique (à 6 rapports), qui prend l’allure d’un joystick de jeu vidéo. Nous sommes loin des sélecteurs d’antan, rigides et désolants comme un inspecteur du fisc. Ici on joue dans la modernité, presque dans l’avantgardisme. Comme Airbus, BMW a abandonné la commande mécanique pour une commande électronique, que l’on utilise comme un accessoire de jeu vidéo. Une pression sur la palette supérieure pour le frein de parking, D et R enclenchés par impulsions, les rapports manuels d’une pression sur la gauche... on entre dans une nouvelle époque. A l’usage, on s’habitue très rapidement à ce sélecteur du 3ème type, ce qui est loin d’être le cas du système d’infotainment qui, malgré une simplification par rapport à la première génération de Série 7’ sur laquelle il a été inauguré, est paraît-il d’utilisation beaucoup plus simple... Nous avons pour notre part trouvé son usage particulièrement compliqué, pour ne pas dire abscons, pas intuitif pour un sou et au bout du compte décourageant, malgré un GPS particulièrement performant. |
Malgré les énormes progrès réalisés en matière d’insonorisation, impossible d’ignorer au démarrage que nous sommes en présence d’un diesel. Même contenus, les claquements caractéristiques du genre sont bien là. On doit à la vérité d’indiquer que dès que le X5 roule, disons à partir de 40 km/h et sauf à monter dans les tours, le moteur se fait oublier. En terme sonore s’entend. Parce que pour ce qui est de la puissance, et surtout du couple, c’est la fête. Il y a belle lurette que BMW s’est taillé une réputation de motoriste hors pair, ce 3.0 D en est un exemple. Souple et puissant, le 6 en ligne s’acquitte de sa tâche sans effort apparent, et au prix d’une consommation particulièrement basse : moins de 10 l. en usage mixte, entre 10 et 11 en ville, remarquable. Question comportement routier, le nouvel X5 pousse encore plus loin les qualités de son aîné : il se conduit comme une bonne berline, en adopte la vivacité, la maniabilité, les capacités d’accélération et de freinage, et jusqu’au confort, classe pullman.Il ne faut pas être grand clerc pour prédire à ce nouvel X5 diesel une carrière au moins aussi brillante que celle de son père, d’autant plus que se profile déjà à l’horizon une version double turbo de 286 ch, qui viendra concurrencer les performances des concurrents dotés de V8 diesel. Plus qu’il en faut pour confirmer une position d’étalon de la catégorie qu’il n’a jamais abandonnée depuis sept ans. Respect.
ARTICLE PARU DANS DANDY 18 - octobre/novembre 2007
|
|



